Bonaparte tue Carnaval

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Nous ne mangerons plus de viande Lecture dans le cadre du festival "Hors Pistes - Les carnavalesques" organisé par Julia Marchand, Centre Georges Pompidou, Paris, février 2020

"Le carnavalesque s’entend comme toute forme de vie désorganisée, dépense improductive ou excessive, qui appelle au renversement temporaire des valeurs et à un dépassement des identités.
Il puise ses origines dans les fêtes populaires du Moyen-Âge qui atteignirent leur apogée sous la Renaissance, avant de se transformer en « simple humeur de fête » (Mikhaïl Bakhtine) dès la seconde moitié du 17ème siècle. En cause : la perte de lien avec la culture populaire dans une société européenne post-Renaissance tournée vers l’étatisation de la vie de la fête, qui s’amoindrit.
Parler des forces carnavalesques en 2020 revient à suivre leurs itérations contemporaines, populaires et clandestines, en Europe et au-delà. Le carnavalesque réapparaît sous diverses formes où persistent l’abject et l’humour et au sein desquelles naissent d’autres métaphores de « transgression » (Peter Stallybrass et Allon White).
Amplifié par l’effet de la foule et/ou éprouvé à l’échelle individuelle, il conserve sa sensibilité contestataire. Pour la critique et commissaire d’exposition Claire Tancons, le carnavalesque demeure « un médium d’émancipation et un catalyseur de désobéissance civile », non dénué de références populaires. Occupy Wall Street en serait l’une des formes récentes, qui, au-delà de l’ambivalence autour du costume et du masque, mobilise, avec la Corporate Zombie Walk, la figure du zombie pour signifier l’emprise du système (nécro) capitaliste sur les corps."
Julia Marchand