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L'hantologie comme processus curatorial. Participation au colloque Images & Hantise, ENSP Arles, Mars 2022

Lien vers la conférence : l'hantologie comme processus curatorial

En 1993 est publié, pour la première fois aux éditions Galilée, Les Spectres de Marx du philosophe français Jacques Derrida. C’est à l’occasion de cette publication, émanant d’une conférence, que l’auteur introduit et développe le concept d’«hantologie » et plus précisément de « spectralité». Si son étude porte avant tout sur l’héritage du communisme dans la pensée philosophique de l’histoire, c’est surtout sa capacité à placer le passé comme trace active dans un temps présent nous intéresse ici.
Dans le cadre du colloque Images et hantises, sous forme de narration/conférence, il sera question de l’hantologie comme processus curatorial. L’étude de ce processus souhaite analyser de quelle manière les artistes réalisent des expositions à partir et avec le lieu pour lequel ils sont invités. Comme un contre point à la pensée de l’in-situ, l’exposition hantologique n’accueille pas l’œuvre, elle fait l’œuvre. Est hantologique ce qui suscite une trace ambigüe, spectrale, étrange. Ces expositions entretiennent ainsi un rapport volontairement contrarié à l’histoire du lieu, qui souvent devient le point de départ de l’exposition, acceptant ainsi la persistance de faits, anecdotes ou histoires passées. Favorisant des médiums tels que le son ou procédant à des déplacements ontologiques, ces expositions investissent souvent des espaces aux fonctions déjà définies ou bien évacuent toute forme de référentiel pour livrer un espace empirique auto référencé. Si l’étude de Derrida partait d’une analyse de territoires (bloc est/ouest) pour arriver à une pensée du temps et de l’histoire, le processus hantologique appliqué à l’exposition, part de l’analyse d’une histoire choisie par l’artiste, et souvent liée au lieu, pour proposer une nouvelle œuvre que devient l’espace d’exposition.