VMC Texte réalisé pour l'exposition personnelle de Samuel Chochon , Atelier de Myriam Boccara, mai-juin 2021

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Une VMC renouvelle l’air d’une pièce en le faisant s’évacuer sur l’extérieur. Et c’est ce même parcourt entre intérieur et extérieur qui articule l’exposition personnelle de Samuel Chochon présentée dans l’atelier de Miriam Boccara.
La première occurrence de ce mouvement se retrouve dans l’espace même du projet, visible depuis la façade vitrée de l’atelier donnant sur la rue de la Folie Méricourt. Le passant peut ainsi distinguer certaines des images présentes sur les murs sans pour autant pouvoir capturer l’entièreté de l’espace intérieur. C’est après avoir pénétré à l’intérieur de l’exposition, que l’on comprend que l’artiste a transformé les murs donnant l’impression que ces derniers ont été creusés et qu’il en émerge ces images aux formats variés. Mais c’est également le sol de moquette, épaisse et confortable qui nous interpelle laissant apparaitre des fissures, des formes de lattes, des ouvertures.

Suspens s’il en est, il est difficile de savoir si l’on se trouve dans un décor de film d’animation, une exposition abandonnée, un cabinet d’un sérial killer ou simplement dans la retranscription, idéale, de l’imaginaire d’un artiste.
Et c’est bien ce principe et cette idée même de l’imaginaire qui traverse toute la pratique de Samuel Chochon. Pour bien comprendre son origine, ses références et sa construction il s’agit de regarder le premier dessin réalisé par l’artiste et qui fut le point de départ de ce projet d’exposition, Scène de la vie domestique, 2020. Si l’expression semble rappeler la série de Bergman (1973), la scène que dessine Samuel Chochon est celle d’un épisode solitaire. On voit sur ce dessin au format conséquent (3,10 x 1,50m) un homme dans son fauteuil, submergé par un monde aussi végétal que liquide. La présence d’un tourne disque laisse supposer que l’individu est simplement plongé dans un état de contemplation auditive et qui donne naissance aux différentes images présentent dans l’exposition. Lorsque l’on sait que Samuel Chochon est lui-même musicien (plus connu sous le nom de dj de George DJ Huberman...), on imagine aisément la retranscription sensorielle qu’a opéré Samuel à travers ce personnage.

Et c’est ainsi que l’on retrouve dans l’ensemble des dessins réalisés en noirs et blanc une distorsion du réel, une modification des perspectives et des matériaux représentés au profit d’un imaginaire aquatique, domestique, intime et corporel. Ici, l’extérieur, ce sont les yeux des visiteurs, vos yeux, qui tentent, par tous les angles, tournant dans tous les sens, de comprendre ce que l’artiste a bien voulu représenter. Pour cela, il suffirait sans doute uniquement d’écouter le morceau que ce dernier a spécialement réalisé pour l’occasion et de douter, quelques instants, d’où se situe l’intérieur et l’extérieur, du monde et de notre propre corps.

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